| 09.15.
Fred est arrêté dans la rue d'Amsterdam, le long
de la gare Saint-Lazare, lorsqu'une flopée de scooters
le double de chaque côté de sa voiture en le
narguant avec leur klaxon. L'un d'entre eux heurte même
violemment son rétroviseur avant de disparaître
derrière un bus.
-Petit con, jure Fred en ouvrant sa fenêtre. Tu pourrais
peut-être t'excuser !
Pas le temps d'en dire plus. Le feu vient de repasser au vert,
libérant le flot des voitures impatientes. Trafic fluide
inespéré ! Les rues suivantes, larges de trois
voies, sont avalées d'une traite. Sentiment enivrant
du bouchon qui se débloque enfin. Le conducteur passe
la troisième. Miracle
Ca roule enfin
Ca
avance
Ca coule
Ca déroule
Ca accél
Ca
Ca
Ca bloque à nouveau.
-Et meeeerrrrrde
L'Opéra. Carrefour délicat. Mal aménagé.
Lieu de toutes les bassesses automobiles. Aucun parisien digne
de ce nom n'ayant assez de civisme pour arrêter sa voiture
au feu orange afin de laisser le carrefour libre pour les
autres, ça coince à nouveau
Obligé
Les deux-roues prouvent une nouvelle fois leur supériorité
en se faufilant entre les pare-chocs des voitures arrêtées.
Leur morgue et leur indifférence aux souffrances des
automobilistes commencent à énerver Fred, qui
tente de se calmer en repensant aux leçons de son maître
d'arts martiaux.
6ème leçon de Maître Pong : Respirer par
le ventre
Pas évident quand on est plié en deux dans une
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toujours arrêtée.
Vert à nouveau. Fred franchit tant bien que mal le
boulevard des Capucines et se retrouve en deuxième
ligne au feu marquant le début de l'avenue de l'Opéra.
Ca va, la fin du cauchemar est proche, le bureau plus très
éloigné
Il jette cependant un regard inquiet
devant lui pour guetter un blaireau potentiel qui viendrait
ralentir le démarrage de sa file.
Son attention est attirée par une grosse BMW blanche,
située juste devant lui. Interdit, il la suit du regard
au démarrage. Qu'elle effectue en trombe vers la rue
de la Paix. Encore un frimeur
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