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La menace et les flingues agissent sur Stéphane
comme une immense décharge d'adrénaline. Là,
sur la droite, une petite route qui part en latéral.
Les mains sur le guidon, il met les gaz sans réfléchir.
Instinctivement. Machinalement.
Les flics ne tireront pas. Il n'a rien fait de mal.
L'accélération de la Hornet est foudroyante.
Couché sur sa machine, Stéphane regrette aussitôt
son choix.
Il est malheureusement trop tard.
Comment expliquer ?
Sa machine est lancée à toute vitesse sur une
petite route bordée d'arbres. Et bientôt de maisons,
avec quelques voitures garées à l'extérieur.
Bien que disposant d'une visibilité réduite,
Stéphane traverse la zone d'habitation à une
vitesse vertigineuse.
Il n'a plus le choix. Il doit maintenant aller au bout de
sa logique pour ne pas tout perdre en même temps, son
permis, sa moto et son job. Se fondre dans la nuit, se tirer
le plus loin possible d'ici avant que les flics n'aient eu
le temps de prévenir leurs collègues. Rejoindre
son lit douillet et s'endormir d'un sommeil profond. Pour
pouvoir se dire en se réveillant demain matin que tout
cela n'était qu'un mauvais rêve.
Sauf que la route qu'il a empruntée fait faire à
Stéphane un large détour… Déserte
et étroite, elle monte en lacets sur la colline juste
au dessus de lui. Ca se complique pour le pilote, qui n'a
pas encore totalement apprivoisé sa machine. Un hameau
est en vue qui marque le début de l'ascension. Stéphane
l'aborde à près de 130 km/h.
-Des flingues pour un simple excès de vitesse ? s'interroge-t-il
soudain. Pourtant, je n'ai pas été flashé.
Pas de réponse. Pas le temps de réfléchir.
La route commence à tourner. Les lumières du
hameau traversé ont disparu, remplacées par
le seul éclairage de la pleine lune. Qui peine à
traverser le feuillage des arbres qui recouvrent la colline.
Freinage, accélération, freinage, accélération,
freinage, accélération. Stéphane avale
la montée à fond de cale en changeant fréquemment
de rapport afin de tirer le meilleur parti de son moteur.
Entre ses cuisses, l'engin malmené rugit de plaisir.
Cela ne l'empêche pas d'entendre un crissement de pneus,
pas loin, juste en dessous de lui. Un rapide coup d'œil
vers le bas lui confirme aussitôt ses craintes.
Là, deux virages en dessous, des phares !
-Merde ! jure-t-il sous son casque. Ils me rattrapent !
Nouvelle accélération. Freinage à la
limite. Sous son casque, la peur a maintenant fait son apparition
et semble lui donner des ailes.
Un kilomètre plus haut, malgré ses efforts désespérés
pour distancer la voiture, la situation a pourtant empiré.
Non seulement les flics restent accrochés à
ses basques, mais ils n'ont plus qu'un seul virage de retard.
La panique saisit Stéphane.
-Merde, merde, merde !
Lorsqu'il aperçoit une petite route qui part à
90° sur la droite, il n'hésite pas plus d'une milliseconde
et tente le tout pour le tout. Freinage de trappeur, suivi
d'un demi-tour en quasi dérapage pour s'engager sur
ce qui semble être un raccourci vers le sommet.
-Ouf ! siffle-t-il. Il était temps !
La voiture des flics débouche tout juste du virage
et s'apprête à passer juste à côté
de lui.
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