| – Nom de Dieu ! peste Driss sous son casque. C’étaient des flics !
Il aurait dû s’en douter.
Sous ses roues, les bandes blanches défilent si vite qu’elles ne forment plus qu’une ligne continue. Sur le côté, de nouveaux panneaux surgissent qu’il ne parvient pas à lire.
– Merde ! Je vais où comme ça ?
Il s’apprête à ralentir pour déchiffrer les suivants lorsqu’un bref éclat de lumière dans son rétro attire son attention.
Malgré la vitesse, il se retourne.
Confirmation.
Il n’est plus le seul à rouler à tombeau ouvert.
Une Audi vient d’entrer sur la voie rapide et fond sur lui.
– Ils m’attendaient ! Putain de merde ! C’est un piège !
De plus en plus déconcentré, Driss a du mal à conserver son allure.
La voiture en profite pour se rapprocher.
Elle n’est plus qu’à cinquante mètres derrière lui.
– Putain de merde ! s’énerve-t-il. J’aurais dû prévoir le coup !
Devant lui, les panneaux continuent de défiler à grande vitesse.
De plus en plus nombreux.
L’autoroute s’annonce.
“Merde !” réalise-t-il. “Le péage !”
Cette fois-ci, c’est la panique !
“Il faut que je sorte avant de me faire coincer !”
Là-bas !
Une sortie !
Driss n’hésite que quelques fractions de seconde.
Il choisit le terrain plus favorable à la maniabilité et la puissance de sa moto.
La ville et son dédale de rues, où il pourra se perdre en échappant au regard de ses poursuivants.
Entre ses jambes, le moteur de la GSX-R hurle sa haine plus fort que jamais.
Positionné sur la file de gauche, Driss attend le dernier moment pour basculer sa moto sur la droite.
Il attrape la voie de décélération de justesse et n’a pas le temps de freiner.
Il est encore à 150 km/h lorsqu’il aperçoit le barrage qui l’attend à sa sortie.
Heureusement sommaire.
Deux voitures et quatre hommes, disposés entre elles.
Derrière, l’inévitable rond-point.
Driss choisit aussitôt son option.
Ce sera un tout-droit suivi d’une diagonale sur la droite.
De toute manière, vu la vitesse à laquelle il roule, il n’a pas d’autre choix.
Quand il aperçoit les hommes dégainer leurs revolvers, il se couche sur sa machine.
Et retarde le freinage jusqu’au dernier moment.
Le bras de fer ne dure que quelques fractions de seconde.
Les flics n’ont pas le temps de le viser.
Et sont obligés de se jeter en arrière pour l’éviter.
L’obstacle passé, Driss consent enfin à freiner.
Mais déboule sur le rond-point à plus de 100 km/h.
Il est obligé de se sortir de sa machine pour amorcer le virage.
Se redresse une fraction de seconde pour éviter la bordure intérieure, avant de se déhancher de plus belle pour réussir sa sortie.
– YES ! rugit-il en redressant sa moto dans l’axe de la route. C’est passé !
Il a frôlé la sortie de piste.
Retour sur son terrain de prédilection.
Ici, plus rien ne peut lui arriver.
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